Revue de Presse du 11 décembre 2020

Déclaration sur l’antisémitisme et la question de Palestine

ABP | Voir l’article original

Plus de 120 intellectuels palestiniens et arabes signent une déclaration publique dénonçant l’usage de la définition de l’antisémitisme produite par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH) comme moyen de réprimer le soutien aux droits palestiniens dans plusieurs pays occidentaux. Les signataires, dont vous pouvez découvrir la liste ici, stipulent que « Le combat contre l’antisémitisme ne saurait être transformé en stratagème pour délégitimer la lutte contre l’oppression des Palestiniens, contre la négation de leurs droits et l’occupation continue de leur terre » et énoncent 7 principes fondamentaux pour mener le combat contre l’antisémitisme. La déclaration a été publiée en arabe par Al-Quds (Londres) et Al-Ayyam (Ramallah), en hébreu par Haaretz (Tel-Aviv), en anglais par The Guardian (Londres), en allemand par Die Tageszeitung (Berlin) et en français par Mediapart.

9 décembre 1942, heures sombres pour les Juifs de Tunis

Orient XXI | Voir la tribune

Cette année nous commémorons le 78e anniversaire de la rafle des juifs de Tunis par les nazis. Pour rappel, le 17 novembre 1942, les forces de l’axe envahissent le pays. Les soldats nazis, sous l’autorité du colonel Walter Rauff, prennent alors la décision d’arrêter de nombreux Tunisiens juifs à Tunis, y compris à la Grande Synagogue et aux abords de l’école de l’Alliance israélite universelle.  

Au total, près de 5 000 juifs furent envoyés aux travaux forcés dans des camps de travail et, dès 1943, les nazis organisèrent un convoi aérien pour déporter ces prisonniers vers les camps de concentration en Allemagne, en Autriche et en Pologne.

L’analyse d’Obama sur sa politique au Proche-Orient

Orient XXI | Voir l’article de Baudouin Loos

Dans son ouvrage « Une terre promise », premier tome de ses mémoires, l’ancien président des États-Unis revient – entre autre – sur la politique menée au Proche-Orient durant ses deux mandats.

Source : bande-annonce officielle d’Une terre promise

« Il s’agissait aussi d’admettre l’indifférence des États-Unis vis-à-vis de la corruption et de la répression dans la région, et notre complicité dans le renversement du gouvernement élu démocratiquement en Iran, pendant la guerre froide, ainsi que de reconnaître les humiliations cuisantes endurées par les Palestiniens vivant dans les territoires occupés. Entendre ces faits historiques indéniables énoncés par un président américain allait en désarçonner plus d’un, me suis-je dit […] » Sans les entraves liées à sa précédente fonction, Barack Obama se livre sur ses hésitations mais aussi sur les nuances à porter à des sujets délicats tels que la question israélo-palestinienne, le printemps arabe ou encore la mort du chef d’Al-Qaida.

Algérie. Décembre 1960, l’insurrection du courage

Orient XXI | Voir l’original de Marina Da Silva

Retour sur une étape décisive de la guerre d’indépendance en Algérie avec le soulèvement populaire du 11 décembre 1960 qui a conduit le pays à 3 semaines d’insurrection. Soixante ans plus tard jour pour jour, historiens et journalistes tentent d’exprimer l’importance de cet évènement dans l’histoire du pays.

Jean-Claude Combrisson/AFP

Jordanie, l’impossible lutte contre les Wastas

Orient XXI | Voir l’article original de Nissim Gasteli

Faire usage de ses relations pour obtenir un passe-droit, c’est ce qui s’appelle la wasta. Cette pratique est notamment connue dans plusieurs pays du Proche Orient, mais c’est au cas de la Jordanie que s’intéresse cet article qui plonge dans ses origines et de ses implications sur la société et l’action politique.

Que sortira-t-il de la visite à Paris du président Abdel Fattah Al Sissi ?

Orient XXI | Voir l’article original d’Alain Gresh

Emmanuel Macron et Abdel Fattah Al-Sissi au palais présidentiel
Source : Ludovic Marin/AFP

Il y a presque dix ans, le 25 janvier 2011, le peuple égyptien se soulevait contre la dictature. Il suivait l’exemple tunisien et ouvrait la voie aux « printemps arabes ». Dix ans plus tard, l’Égypte s’est transformée en une gigantesque prison, où les prisonniers politiques se comptent par dizaines de milliers, des Frères musulmans aux libéraux, en passant par les militants des droits humains, et le nombre d’exécutions capitales met l’Égypte dans le peloton de tête des pays qui appliquent la peine de mort. Tous les détenus, ou presque, sont sous le coup d’accusation d’appartenance à « une organisation terroriste », entendez les Frères musulmans, même quand ils ont combattu toute leur vie ce mouvement. À cela s’ajoute la mise au pas des médias désormais accaparés par des mercenaires émargeant auprès des services de sécurité et encensant sans retenue « le Raïs » et son régime. Les réformes économiques néolibérales imposées avec une extrême brutalité par l’armée, dont les officiers supérieurs sont les premiers bénéficiaires, ont sapé le niveau de vie de la population. L’ordre des baïonnettes règne désormais dans la vallée du Nil.

C’est dans ces conditions que le président Abdel Fattah Al-Sissi est reçu à Paris, notamment par Emmanuel Macron. Sans doute, comme lors de sa visite au Caire, fin janvier 2019, le président français abordera-t-il le dossier des prisonniers politiques. Que ce soit celui d’un des pionniers du mouvement du 25-Janvier, Alaa Abdel Fattah ou celui de Rami Shaath, coordinateur en Égypte du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël et marié à une citoyenne française. La libération récente des responsables de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (Egyptian Initiative for Personal Rights, EIPR) montre que, contrairement à ce que prétendent les autorités du Caire, les pressions paient. Encore faut-il faire preuve de détermination, ce qui n’est le cas ni de la France ni de ses alliés de l’Union européenne, qui disposent pourtant de nombreux outils pour faire pression, qu’ils ne manquent pas d’utiliser le cas échéant contre la Russie, la Chine ou le Venezuela.

Un rempart contre le terrorisme ?

Mesure-t-on ce que signifie une collusion avec ce régime qui piétine les valeurs de démocratie, au premier rang desquels la liberté d’expression dont la France se prétend la championne ? Quand le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian se rend au Caire pour y défendre la vision française de « la liberté d’expression », réalise-t-il l’ironie d’une telle prise de position dans un pays où la moindre remarque irrespectueuse sur les réseaux sociaux peut conduire au bagne, situation dont il ne dit mot ?

Certes, aucun pays ne fonde sa politique étrangère uniquement sur la défense des droits humains et Paris justifie sa relation avec Le Caire par des considérations stratégiques, la nécessaire stabilité de l’Égypte, « un rempart contre le terrorisme », qui permet de justifier les ventes d’armes dont certaines sont utilisées pour la répression interne. Quand Sissi a accédé au pouvoir, le Sinaï était resté une région qui échappait au pouvoir central, bien que relativement calme. Sept ans après le coup d’État militaire du juillet 2013, malgré ses centaines de milliers de soldats, malgré les armes françaises, il n’arrive pas à venir à bout d’une insurrection qui s’est radicalisée et ralliée à l’État islamique.

En Libye, l’Égypte a joué avec le feu en soutenant le maréchal Khalifa Haftar, entrainant la France dans un pari perdant dont le résultat a été de fragmenter un peu plus le pays et d’offrir une légitimité à l’intervention turque présentée comme une riposte aux interventions égyptiennes et émiraties (soutenues par Paris).

Il existe des intérêts communs entre la France et l’Égypte. Certains sont légitimes dans les domaines économique ou culturel. D’autres sont plus que contestables, comme la sous-traitance au Caire de la gestion du flux des migrants. Mais il faut aussi tirer les leçons de l’histoire. Le 16 avril 2011, le ministre des affaires étrangères de l’époque Alain Juppé se livrait à une autocritique de la politique française des années 1990 et 2000. « Il faut bien le reconnaître, pour nous tous, ce “printemps” a constitué une surprise. Trop longtemps, nous avons pensé que les régimes autoritaires étaient les seuls remparts contre l’extrémisme dans le monde arabe. Trop longtemps, nous avons brandi le prétexte de la menace islamiste pour justifier une certaine complaisance à l’égard de gouvernements qui bafouaient la liberté et freinaient le développement de leur pays. » Dix ans plus tard, comment peut-on à nouveau oublier que les dictatures sont le terreau de l’instabilité et du terrorisme ?

CINEMA

Un périple le long du mur …

Middle East Eye | Voir l’article de Nesma Jaber

Primé lors de la dernière Mostra de Venise, 200 Meters est le premier long métrage de Ameen Nayfeh. Le jeune cinéaste est originaire d’un village de Cisjordanie et s’est naturellement inspiré de sa propre histoire pour tourner son film; en effet, encore enfant, il fut séparé de sa famille maternelle vivant du côté israélien de la barrière.

Mustafa (Ali Suliman) avec d’autres travailleurs palestiniens attendent à un ckeck-point entre la Cisjordanie et Israël dans le film 200 Meters (Elin Kirschfink)

« Je n’exagère pas en disant que tous ces obstacles peuvent être rencontrés par un Palestinien en un seul jour. C’est vraiment ça la réalité quotidienne des Palestiniens – une réalité que le monde ne connaît pas et que le film veut montrer »  

200 Meters retrace l’histoire d’un couple vivant dans deux villages, distants de 200 mètres mais séparés par le mur. Un accident et la blessure d’un de leurs enfants vient semer le trouble dans cette vie séparée un mur …

« La distance géographique de 200 mètres entre Mustafa et sa famille devient 200 kilomètres en raison du mur de l’apartheid »

B a n d e a n n o n c e

Info Express

Historia, hors-série sur le Liban

Historia | Voir la table des matières

« Beyrouth est grecque, romaine, arabo-musulmane, à nouveau chrétienne, turque, européenne, arabe, et enfin une fusion de ces âges en une seule ville », entame le magazine Historia dans son numéro hors-série d’octobre 2020, résumant toute richesse et la complexité du Liban, petit état montagneux de la Méditerranée.

Historia

De l’antiquité à l’ère moderne, le magazine parcourt les étapes décisives de l’histoire libanaise telles que la question des maronites, l’influence de l’ère ottomane ou encore le mandat français et l’indépendance. N’hésitez pas à vous le procurer en kiosque si vous voulez plongez dans l’histoire de ce pays. Voici l’édito en page 3 :

Liban : un  »Club laïc » fait une percée inédite lors des élections estudiantines

OLJ | Voir l’article original de Lyana Alameddine

La laïcité fait son chemin au Liban. En témoigne l’initiative de 8 étudiants qui décident en 2008 de présenter un club laïc comme alternative à la scène politique dominée par les partisans de l’Alliance du 8-Mars et celle du 14-Mars. Quelques années plus tard, des milliers de jeunes se sont ralliés à leur cause et leur inititative a fait des émules à travers le pays.

Une Mauritanienne remporte un prix prestigieux dans le domaine des droits de l’homme

kassataya | Voir l’article original

Distinction de taille pour Mint Brahim, présidente de l’organisation de défense des droits humains « Pour une Mauritanie verte et démocratique » avec le prix régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, remis par la Front Line Defenders Foundation.

Robert Castel, le père de l’humour «pied-noir» 

Le Soir d’Algérie | Voir l’article original

Robert Castel, Robert Moyal de son vrai nom, était considéré comme le père de l’humour «pied-noir». Ce comédien, humoriste et musicien juif d’Algérie, qui a connu la gloire dans les années 70 aux côté d’ Enrico Macias ou d’Edith Piaf, est mort samedi à l’âge de 87 ans à Paris. Le CCAPL avait pris plaisir à contribuer à la diffusion des œuvres de Robert Castel auprès du public de Belgique.

LITTERATURE

Casa Paris À l’ombre des marabouts de Abderrahmane Hamriti

Terminons cette revue de presse avec une recommandation littéraire.

Notre coup de coeur s’intitule Casa Paris À l’ombre des marabouts et en voici la quatrième de couverture :

« Quoi de plus naturel que l’amour entre deux êtres ? Il arrive cependant, dans certaines contrées, que des forces obscures et maléfiques – héritées de pratiques archaïques – s’en mêlent et s’emploient à le détruire, par envie, jalousie ou autres sentiments inavouables, en y semant le soupçon et le doute. Des pratiques qui ont la vie dure, traversant les siècles, même dans des sociétés s’ouvrant sur la modernité, et qui sèment la confusion, là où le naturel aurait dû fleurir. Ainsi, en est-il de la sorcellerie et d’autres magies de toutes sortes. »

HUMOUR

Le Hic (Algérie), El Watan

Lien Permanent pour cet article : http://www.ccapl.be/revue-de-presse-du-11-decembre-2020/

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.