LA DÉPÊCHE DU CCAPL – 22 octobre 2021

Deux présidents, c’est un de trop …

La Tunisie est à nouveau au centre de notre actualité cette semaine ! Cette actualité a pour figure centrale, Moncef Marzouki, l’ancien président tunisien.

On apprend que ce dernier est menacé de poursuites judiciaires et a été privé de son passeport diplomatique en raison de ses critiques ciblant Kais Saied (Voir l’article de Middle East Eye), l’actuel président. À l’annonce de cette mesure, cent personnalités du monde arabe ont cosigné un communiqué pour exprimer leur « totale solidarité » Moncef Marzouki, dénonçant ainsi  une décision considérée comme « illégale ».

Pour rappel, depuis le coup de force de l’actuel président tunisien Kais Saied au mois de juillet, Moncef Marzouki multiplie les interventions sur les chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux afin d’appeler à la destitution d’un homme qu’il qualifie de « putschiste », « dictateur » et qu’il accuse d’avoir trahi la constitution. Bien que Kais Saied ait désormais nommé une première ministre (Voir l’article de Yasmine Akrimi) et une nouvelle équipe ministérielle, le pouvoir ne semble selon lui pas plus partagé …

Tant et si bien que l’opposition entre les deux présidents a déjà des conséquences sur l’image de la Tunisie à l’international. Le sommet de l’Organisation internationale de la francophonie, qui devait se tenir à Djerba, a en effet été reporté d’une année, officiellement pour cause de pandémie (Voir l’article de Hatem Nafti).  Il semblerait cependant que la situation soit plus complexe que cela …

Premièrement, la crise politique qui avait marqué le gouvernement Mechichi (septembre 2020 – juillet 2021) avait provoqué des retards dans la logistique et le coup de force de Kais Saied pour geler le Parlement et limoger le chef du gouvernement n’a en rien amélioré le fonctionnement des services de l’État, forçant le pays à rester sans chef de gouvernement pendant plus de deux mois…

Ensuite, pour tenter de tenir les délais, le président Kais Saied a promulgué des dispositions exceptionnelles permettant de déroger aux règles habituelles de l’attribution des marchés publics, provoquant l’indignation de l’ONG anti-corruption IWatch. De ce fait, ils ont mis en évidence le paradoxe de la politique du président, clamant haut et fort  que toutes les dispositions prises sont motivées par la lutte contre la corruption.

Enfin, ce pourrait-il que les organisateurs du sommet aient été sensibles au sit-in organisé contre Kais Saied à Paris ?! Et devinez qui y a participé ? On vous le donne en mile : l’ancien président Moncef Marzouki ! Il a ainsi proposé de se servir du sommet de la Francophonie comme d’un moyen de pression à l’encontre de ce qu’il qualifie de « coup d’État » …

Face à cette situation tunisienne, on ne peut plus délicate, nous vous proposons de passer en revue  la crise sanitaire, la crise économique (Voir l’article de l’AFP) et la crise politique, grâce à notre conférence « Où va la Tunisie aujourd’hui ? ».

En vrac dans le monde arabe …

Israël : « Israël viole le droit international parce qu’il peut se le permettre». Voici une déclaration entendue cette semaine lors du Conseil de sécurité de l’ONU. Daniel Levy, président du US/Middle East Project, a expliqué aux membres du Conseil qu’il était nécessaire de s’attaquer à ce qu’il a appelé «un déficit de responsabilité en ce qui concerne les actions d’Israël»; selon lui, l’État hébreux est tout à fait conscient que sa politique envers son voisin palestinien n’engendre pas  « de répercussions ou de conséquences tangibles» de la part de la communauté internationale (Voir l’article de Ephrem Kossaifi).

Et le représentant permanent d’Israël auprès de l’ONU de critiquer les réunions du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient en déclarant que la discussion devrait plutôt être axée sur Téhéran…

Liban : Nous vous avions précédemment parlé du tollé provoqué par l’annonce de la suspension de l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth. Outre des manifestations citoyennes, il semble désormais clair que cette enquête suscite beaucoup de tensions au sein du pays. Preuve en est, les derniers affrontements armés enregistrés dans la capitale libanaise (Voir l’article de Le Monde Arabe).

Libye: « Conférence de soutien à la stabilité de la Libye », voilà ce qui a eu lieu cette semaine en Libye. Celle-ci réunissait des représentants de l’ONU et de pays étrangers avec pour objectif commun de consolider le processus de transition, à deux mois d’une élection présidentielle cruciale pour l’avenir du pays (Voir l’article de l’AFP). Rappelons que le pays connait une crise politique majeure depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi.

Maroc – Algérie : Le torchon brûle toujours entre les deux pays du Maghreb. Au centre des tensions, le conflit du Sahara occidental, un jeu d’influences qui semble désormais s’exporter à la Cour de justice de l’Union européenne (Voir l’article de Ali Lmrabet).

Palestine : Avis aux amateurs d’une certaine plateforme de streaming; cette dernière va mettre à disposition des documentaires palestiniens ! Dans une catégorie intitulée « Palestinian Stories » (Histoires palestiniennes), vous pourrez découvrir 32 films réalisés par des cinéastes palestiniens ou ayant pour sujets des histoires de leur vie quotidienne (Voir l’article de Nadda Osman).

Un petit clin d’œil …

Il y a quelques jours – le 11 octobre pour être exacte – nous fêtions la journée internationale des filles. Force est de constater que leur accès à d’éducation ou à un travail de leur choix, reste encore problématique dans de nombreuses régions du monde, y compris dans le Monde Arabe.

C’est pourquoi, nous avons décidé de mettre en lumière Souad Hdidou, une jeune femme marocaine qui a choisi une voie inhabituelle dans le pays ! D’abord au volant de camions, aujourd’hui en tant que chauffeur de taxi :

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