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Conférence « La Transition démocratique en Libye et ses défis » le 15 octobre 2016

Journées Culturelles Arabes – Conférence

 Moncef Djaziri« La Transition démocratique en Libye et ses défis »

Une conférence de Moncef Djaziri

Politologue et expert en politique libyenne

Moncef Djaziri est titulaire d’une thèse de doctorat en sciences politiques de l’université de Lausanne. Il a enseigné pendant plus de trente ans à l’université de Lausanne et il est aujourd’hui professeur honoraire. Expert en politique Libyenne, pays sur lequel il travaille depuis plus de vingt ans, Moncef Djaziri est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles scientifiques traitant de la Libye et de la problématique des transitions démocratiques  dans le monde arabe et en Libye dont il est considéré comme un des meilleurs spécialistes. Il est par ailleurs membre de la Commission scientifique du Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique (CIGPA).

Samedi 15 octobre 2016 à 20h

Centre Culturel Arabe en Pays de Liège

Rue Henri Orban 1 – 4030 Grivegnée

 

LA TRANSITION DEMOCRATIQUE EN LIBYE ET SES DEFIS

La démocratie est sans doute un des défis majeurs pour l’ensemble des pays arabes et musulmans.

C’est la grande question qui n’a jamais cessé d’être posée : est-il possible de démocratiser les systèmes politiques arabo-musulmans tout en améliorant leur situation socio-économique? Depuis ce qu’il est convenu d’appeler « Le printemps arabe », cette question semble trouver un début de réponse positive. Le Maroc, La Tunisie, l’Egypte, l’Algérie sont engagés, peu ou prou, dans un processus complexe et incertain de démocratisation. A cet égard, la Libye constitue un cas particulier de transition démocratique.

A-qui-va-vraiment-profiter-l-accord-sur-la-LibyeLa révolte de février 2011 puis l’opération militaire occidentale contre le régime de Kadhafi ont impulsé un processus de transition démocratique actuellement chaotique et dont l’issue est très incertaine. Le cas de la Libye invite à examiner de près les événements survenus dans ce pays depuis 2011, en prenant en considération ses propres caractéristiques: sa dépendance à l’égard du pétrole, son économie rentière, ses structures sociales à dominante tribale et la persistance du régionalisme et du localisme, ensemble d’éléments qui freine le processus d’intégration nationale. Autant de facteurs qui expliquent aussi les incertitudes de la démocratisation en Libye.

L’amorce de la transition démocratique qu’on observe dans ce pays a des caractéristiques qui la différencient des cas marocain, tunisien, égyptien ou algérien. Il importe donc de s’interroger sur la nature de cette transition et sur ses chances de succès, dans une société où l’Etat a quasiment disparu. Les questions qui méritent d’être posées sont les suivantes: quels sont les causes de la crise libyenne et que s’est il passé en Libye depuis 2011 ; la démocratie y est-elle possible; dans quelle mesure l’islamisme pourrait-il faciliter ou rendre difficile la démocratisation et enfin la guerre et la disparition de l’Etat ne contribuent-ils pas à une retribalisation de la Libye et quelle en est la conséquence concernant la transition ?

Telle est la perspective  de la conférence où il s’agira de rappeler très succinctement le processus de crise qui a conduit à la révolte de 2011, en s’attardant sur le rôle des puissances occidentales dans le soutien apporté aux révoltés contre l’ancien régime. Il s’agira ensuite de décrire rapidement le processus de transition et les principales étapes parcourues ainsi que les principaux évènements qui ont jalonné la période 2011-2016 et sur le rôle de l’ONU. Enfin, il s’agira de s’interroger sur les chances de réussite de la transition démocratique en Libye, en prenant en considérant plusieurs défis qui la rendent difficile et très incertaine : l’absence de culture politique, la quasi-absence des partis politiques et leur faiblesse et le poids social et politique des tribus. Il y a aussi la question qui se pose avec une grande acuité, celle de la compatibilité entre islamisme et démocratie. Enfin, la question de l’égalité et de l’émancipation de la femme libyenne et les obstacles qui les rendent difficile.

colombe-de-la-paixLa reconstruction politique de la Libye sera difficile. Elle le sera d’autant plus, que la démocratie c’est aussi la question du type de régime politique à instaurer et s’agissant de cet aspect, toutes les options sont ouvertes aussi bien concernant la nature de l’Etat à reconstruire (centralisé, décentralisé ou fédéral) que le type de régime politique à instaurer : régime présidentiel ou parlementaire. Pour le moment, et contenu de l’urgence à combattre l’Etat islamique Daech, ces questions ne sont même pas abordées de manière ouverte et partagée par l’ensemble de la population.

Plus que dans les autres pays arabes voisins, la transition démocratique en Libye est laborieuse et très incertaine. Après la période de l’euphorie qui a suivie la disparition du régime de Kadhafi, et compte tenu de la violence des différentes milices armées qui font régner la terreur,  de la guerre contre Daech et des conflits entre l’Est et l’Ouest, les Libyens semblent rechercher d’abord la sécurité. Ils aspirent aussi à des conditions de vie matérielles descentes et veulent un pouvoir qui instaure la paix et sécurise le pays. Pour le moment, la démocratie n’est plus leur principale préoccupation. Il est donc à craindre que la transition en Libye ne débouche sur un nouvel autoritarisme.

 

P.A.F. :  2€ / 1€ pour membres, chômeurs, étudiants et Art. 27

Un verre de thé à la menthe vous sera offert – Réservation conseillée

 

Réservation en ligne :

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