LA DÉPÊCHE DU CCAPL – 16 juillet 2021

Nos pensées vont aujourd’hui aux nombreuses personnes touchées par les inondations de ces dernières heures ! Courage à eux et à leur famille en ces moments difficiles pour notre région …

Retour vers le passé…

Cette semaine, nous avons décidé de vous offrir un flashback historique, un retour dans le passé, à l’origine de certaines problématiques actuelles.

Prêts pour le voyage ? Laissez-vous porter au gré des anecdotes et des explications historiques de ces différents pays du monde arabe !

Égypte

Qui dit monde arabe du XXe siècle, dit aussi Nasser et sa vision du panarabisme. Dans le regard sur le passé que nous vous proposons aujourd’hui, nous revenons sur deux actualités tirant leur origine dans les années Nasser.

La première est la fermeture de l’usine de la Compagnie de fer et d’acier d’Helwan, fondée en 1958 au sud du Caire (Voir l’article de  Mostafa Bassiouny). La création de la compagnie était étroitement liée au projet politico-économique du président Gamal Abdel Nasser, visant l’indépendance et la capacité de se reposer sur l’industrie locale. Cette idéologie a forgé la relation qu’entretenaient les ouvriers avec leur outil de production : beaucoup ont ainsi relaté avec fierté le rôle qu’ils ont joué durant la guerre de juin 1967, qu’il s’agisse des soldats qui se sont battus au front ou de ceux qui ont continué à fournir l’effort de guerre à l’usine.

Le second est la publication des œuvres d’Enayat Zayyat, qui s’est suicidée en 1963 à 27 ans avant la publication de son unique roman. Une publication qui sonne comme une invitation à revisiter la nostalgie égyptienne des années 1950-1960 (Voir l’article de Ève de Dampierre-Noiray).

Liban 

Sur la côte levantine, notre flashback remonte à 2006 et la délimitation des frontières de l’état chypriote en prévision de l’exploitation de ses richesses pétro-gazières en Méditerranée. Ce changement géopolitique a eu pour conséquence une opposition entre le Liban et Israël, toujours très vive aujourd’hui.

Une carte détaillant les enjeux des négociations sur la démarcation des frontières maritimes Source : Mark Mansour & L’Orient Le Jour

C’est une visite de l’ambassadeur John Desrocher, médiateur américain dans les négociations pour la délimitation des frontières maritimes entre le Liban et Israël, qui a remis ce dossier sensible sur le devant de la scène (Voir l’article de  Doha Chams). Malgré la relance américaine, les négociations sur les frontières maritimes entre Beyrouth et Tel-Aviv restent suspendues. Si Israël veut grignoter le plus de superficie possible, les dirigeants libanais,  sont divisés sur la stratégie et leurs intérêts individuels.

Algérie

L’Orient XXI revient sur les dernières décennies politiques algériennes pour mieux comprendre son présent. Le quotidien en ligne commence sa rétrospective dans les années cinquante en passant en revue les origines du pouvoir militaire, ayant émergé en Algérie à la suite de la guerre de libération en 1954 (Voir l’article de Jean-Pierre Sereni). Un constat : les militaires ont pris le pouvoir par la force à l’été 1962 et l’ont gardé depuis.

Plus loin sur la ligne du temps, on prend connaissance du coup d’état de juin 1965 : le 19 juin plus précisément, Houari Boumediene renverse le président Ahmed Ben Bella. Cette prise de pouvoir s’accompagnera d’une répression de la gauche (Voir l’article de  Walid Bouchakour).

L’étape suivante, vous pourrez la découvrir au travers d’un roman se basant sur des faits réels : Un si proche ennemi a en effet pour trame de fond le détournement de l’Airbus d’Air France sur l’aéroport d’Alger en 1994. (Voir l’article de  Jean-Pierre Sereni)

Enfin, et beaucoup plus récent, les relations entre l’Algérie et son voisin, la Libye. L’Orient XXI nous explique comment, après s’être marginalisée en soutenant jusqu’au bout à Mouammar Kadhafi, l’Algérie a fini par perdre son influence, même au Fezzan et dans le pays touareg qui faisaient traditionnellement partie de son aire d’influence (Voir l’article de  Ali Bensaad).

Tunisie

Cet été, nous avons déjà évoqué la pénurie d’eau que vivent actuellement certains pays arabes : la Tunisie est l’un d’entre eux. Les médias sont revenus cette semaine sur un nouveau projet du code des eaux initiés dans le pays en 2009 : à l’époque, la Banque mondiale alertait sur la nécessité d’une intervention du secteur privé dans la distribution et l’assainissement de l’eau.

Barrage et réservoir d’eau de Sidi Salem
Source : Sejir & Wikimedia Commons

Mis en suspens durant la révolution, le texte ne cesse de revenir sur le devant de la scène sans pour autant aboutir … (Voir l’article de  Manel Derbali) Aujourd’hui le projet refait surface dans un pays qui compte des ressources en eau par habitant estimées à 460 m3 par an, condamnant la Tunisie à être sous le seuil de pauvreté hydrique.

Un nouveau Code des eaux respectueux du développement durable, des droits des générations futures, et de l’égalité entre les régions ? Oui, mais attention aux dangers d’une possible privatisation selon les activistes !

Yémen

Au Yémen aussi, on chérit l’or bleu !

Pour ce flashback yéménite, il est indispensable de revenir sur les six dernières années de guerre ainsi que la politique agricole du pays. La pénurie en eau s’explique par trois facteurs directement ou indirectement liés à l’action anthropique (Voir l’article d’Helen Lackner) :

  • Premièrement, l’essor rapide de la population augmentant la demande mais réduisant par la même occasion la disponibilité en eau et en terres par habitant.
  • Deuxièmement, le changement climatique entraînant des pluies torrentielles de plus en plus violentes et irrégulières, ainsi que la réduction des ressources en eau en limitant la reconstitution des aquifères.
  • Troisièmement, les décisions politiques permettant l’exploitation des nappes phréatiques nettement au-delà de leur capacité à se reconstituer.
Transport de bidons d’eau, dans un contexte de grave pénurie
Source : Saleh Al-Obeidi & AFP

En vrac dans le monde arabe

Irak: Un terrible incendie dans l’unité Covid d’un hôpital a coûté la vie à plus de 60 personnes (Voir l’article de l’AFP). La population ne décolère pas et dénonce la défaillance des pouvoirs publics et le système de santé délabré.

Israël – Palestine : Les manifestations vont bon train et les autorités israéliennes et palestiniennes se renvoient la balle (Voir l’article de À l’encontre). Notons que plusieurs organisations de la société civile, organisations non gouvernementales et des syndicats à travers l’Europe et le monde, ont lancé une campagne en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine en tant que 194e membre à part entière des Nations unies (Voir l’article d’Entre les lignes Entre les mots).

Liban: Le ministre des finances a signé un décret pour augmenter les indemnités de transport des fonctionnaires en raison de la dévaluation de la livre libanaise face au dollar ainsi que de la hausse des carburants (Voir l’article de Libanews). Et la crise est loin d’être finie … C’est ainsi qu’on apprend de nouvelles manifestations de proches des victimes de l’explosion du port de Beyrouth (Voir l’article de Mohammad Yassine) et des sanctions européennes ciblant les dirigeants tenus pour responsables du blocage politique au Liban (Voir l’article de Issa Goraieb), …

Yémen : Au Yémen aussi, il est question de dévaluation de la monnaie nationale. Le riyal a en effet atteint depuis la semaine dernière son niveau le plus bas par rapport au dollar en plus de sept ans ! (Voir l’article de l’Orient Le Jour).

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