LA DÉPÊCHE DU CCAPL – 3 juin 2022

Une coutume qui défie le temps : les tatouages traditionnels des femmes amazighes, bédouines et kurdes

Tout au long de l’histoire, les tatouages ont été utilisés pour embellir le corps, marquer une identité ethnique ou exprimer une spiritualité. En Afrique du Nord, le tatouage est une pratique ancienne, antérieure à l’islam, et encore relativement courante chez les femmes amazighes au Maroc, en Tunisie, en Algérie et en Libye.

Les tatouages de Fatma Haddad, 80 ans, d’origine chaouie, s’effacent avec le temps. © Reuters

Du motif jusqu’à l’emplacement qui est également porteur de sens, ces symboles relatent des évènements marquants et protègeraient leurs porteuses. Zoom sur ces tatouages qui peuvent en dire long sur la vie d’une femme. (Voir l’article sur MiddleEastEye.net)

Pour les plus curieux, une vidéo par « Les Ethnochroniques » revient sur ce sujet fascinant.

© Berbera / www.byberbera.com

Après des symboles qui pourraient rendre puissantes les femmes en possédant, voici des femmes puissantes devenues à leur tour de véritables symboles. Middle East Eye  (Voir l’article de Nadda Osman) nous présente le portrait de sept femmes influentes du monde arabe, sept femmes qui ont réussi à marquer leur époque et l’histoire de la région, du Moyen Âge à l’ère moderne : Fatima al-Fihri et Zaha Hadid, les architectes – Sameera Moussa, la scientifique nucléaire – Anbara Salam Khalidi, l’écrivaine féministe – Shajarat al-Dur, la sultane – Rabia al-Adawiyya, la soufie – Fairouz, la chanteuse.

En vrac dans le Monde Arabe et au Moyen Orient…

Arabie saoudite: L’introduction de la musique à l’école suscite la controverse. Les détracteurs de la décision des ministères saoudiens de l’Éducation et de la Culture se déchaînent sur les réseaux sociaux. Deux clans s’opposent. D’un côté, des personnes offusquées par la décision estimant que cet enseignement est « contraire à la Charia », « inutile » et « trop cher ». De l’autre, des internautes qui assimilent la musique à « quelque chose de beau » et un « réel besoin psychologique ». (Voir l’article sur MiddleEastEye.net)

Conflit israélo-palestinien : La police israélienne était en état d’alerte dimanche à Jérusalem à l’occasion de la “Marche des drapeaux”, un défilé marquant la conquête de la partie palestinienne de la ville par Israël. Son trajet historique passait par la Vieille Ville située à Jérusalem-Est occupée, sans faire de crochet par l’esplanade des Mosquées qui est au coeur des tensions israélo-palestiniennes. (Voir l’article sur ArabNews.fr)

Des Palestiniens ont été agressés par des ultra-nationalistes israéliens durant cette « Marche des drapeaux ». Au moins 79 Palestiniens ont été blessés à Jérusalem, parmi lesquels 28 ont été hospitalisés, a déclaré le Croissant-Rouge palestinien (CRP). (Voir l’article sur MiddleEastEye.net)

Dimanche également, le Secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Nayef Falah Al-Hajrafa, condamnait les attaques menées contre la mosquée Al-Aqsa par des extrémistes et un membre de la Knesset sous protection de la police israélienne. Il a rappelé qu’Israël se devait de respecter le statut historique, légal et religieux de Jérusalem et exhorté la communauté internationale à assumer ses responsabilités pour préserver la sécurité de la mosquée Al-Aqsa, classée comme le troisième site le plus sacré de l’Islam. (Voir l’article sur ArabNews.fr)

Un expert en armes conclut qu’un soldat israélien a « visé délibérément » Shireen Abu Akleh. De nouvelles preuves viennent de s’ajouter dans le meurtre de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh en Cisjordanie occupée le 11 mai dernier. Ces preuves reposent sur deux vidéos de la scène suggérant qu’il n’y avait aucun combat en cours ni aucun Palestinien armé près de la journaliste dans les instants qui ont précédé sa mort. L’enquête est également corroborée par une analyse audio et un expert en armes. Ce dernier, Chris Cobb-Smith, déclare : « Le nombre de marques d’impact sur l’arbre où se trouvait Shireen prouve que ce n’était pas un tir aléatoire : elle a été visée ». (Voir l’article sur MiddleEastEye.net)

L’ONU exige que les assassins de Shireen Abu Akleh soient traduits en justice. Les membres du Conseil de sécurité condamnent la violence israélienne lors des funérailles de la journaliste et demandent à nouveau une enquête indépendante sur sa mort. Tor Wennesland, coordinateur spécial, a également indiqué déplorer coordinateur spécial déplore notamment «le schéma familier de la violence quotidienne » et « l’expansion des colonies » . (Voir l’article sur ArabNews.fr)

Amnesty International dénonce également ces violences et s’inquiète quant à la nette augmentation des homicides illégaux ainsi que d’autres crimes de la part des autorités israéliennes. L’escalade alarmante des violations a lieu dans un contexte où des hauts responsables israéliens ont menacé de recourir à davantage de violence à l’encontre de la population palestinienne. Le Premier ministre Naftali Bennett a fait à de nombreuses reprises des déclarations qui incitent à la haine et qui encouragent le recours à une force illégale, en plus de donner l’ordre de tirer sur les Palestiniens qui présentent « une menace imminente ». (Voir l’article sur amnesty.be)

France : La plateforme Disney+ revient en France sur l’affaire Malik Oussekine. Ce jeune étudiant français d’origine algérienne est battu à mort par des policiers, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986.

Basé sur des faits réels, la série « Oussekine » évoque donc sur un pan sombre de l’histoire contemporaine française, illustrant tant les brutalités policières, la montée du Front national (FN) et du racisme que le combat de cette famille pour obtenir justice (Voir l’article de  Rafik Chekkat).  

Toujours en France et toujours dans l’univers cinématographique, le festival de Canne a consacré le Moyen Orient (Voir l’article de Middle East Eye) : Zar Amir Ebrahimi, actrice iranienne a reçu  le prix d’interprétation féminine pour son rôle dans Les Nuits de Mashhad et le réalisateur d’origine égyptienne, Tarik Saleh, a quant à lui remporté le prix du scénario pour Boy from Heaven.

Liban: À travers nos dernières dépêches, nous vous avons parlé des élections législatives libanaises. Cette semaine, le média d’information l’Orient XXI revient sur les résultats de celles-ci et le nouvel horizon politique de Tripoli, où le retrait de la vie politique de Saad Hariri a fait sombrer dans ville dans l’indécision (Voir l’article de Thomas Abgrall).

Entre opinion anti-Hezbollah, clientélisme, abstention et émergence d’un candidat issu de la contestation de 2019, retour sur ce qui a marqué les élections législatives dans cette ville mais aussi dans le reste du pays :

Certaines figures politiques restent cependant bien en place. Notons, pour l’exemple, le président sortant du Parlement (allié de mouvement chiite Hezbollah) réélu pour un septième mandat consécutif. À l’âge de 84 ans et étant en poste depuis 30 ans, Nabih Berri a été reconduit pour quatre années (Voir l’article de l’AFP).

Nabih Berri, président sortant du Parlement. © AFP

Monde Arabe : Arab News et YouGov ont sondé 7.835 personnes dans 14 pays du Monde Arabe et du Moyen Orient afin de connaître leur opinion sur la guerre en Ukraine (Voir les résultats). Cette enquête révèle que 66% des habitants de cette région ne prennent pas position dans le conflit.

© Enquête Arab News – YouGov

Or, comme l’expliquent plusieurs experts, cette guerre aura et a déjà des conséquences notables sur le Moyen-Orient (Voir l’article de Jonathan Gornall) : « même si les combats cessaient demain, le monde aura besoin de six mois à deux ans pour se redresser sur le plan de la sécurité alimentaire […] en février, les prix des denrées alimentaires avaient déjà atteint un niveau record dans de nombreux pays de la région ».

Soudan : Un mort dans de nouvelles manifestations contre le pouvoir militaire. Le manifestant a été «tué par balle lors d’un rassemblement» samedi dans un quartier du sud de la capitale soudanaise. Ce décès porte à 97 le nombre de personnes tuées dans la répression des manifestations contre le pouvoir militaire en place depuis le coup d’Etat du 25 octobre 2021 du général Abdel Fattah al-Burhane. (Voir l’article sur ArabNews.fr)

Levée de l’état d’urgence imposé lors du putsch d’octobre. Le général Burhane a émis un décret levant l’état d’urgence dans tout le pays dans un communiqué émis par le Conseil dont il est à la tête. Il s’agit d’une « main tendue pour créer l’atmosphère nécessaire à un dialogue fructueux et significatif pour la stabilité durant la période de transition ». Les Nations unies et l’Union africaine – qui a suspendu le Soudan – plaident également pour un dialogue politique sous peine de voir le pays sombrer définitivement “sur les plans économique et sécuritaire” alors que déjà, selon l’ONU, un Soudanais sur deux souffrira de la faim d’ici fin 2022. (Voir l’article sur ArabNews.fr) Une militante soudanaise des droits des femmes, Amira Osmane Hamed, a reçu vendredi le prix pour les défenseurs des droits humains en danger décerné par l’ONG internationale Front Line Defenders. Cette ingénieure de quarante ans milite depuis de nombreuses années pour la cause des femmes au Soudan. Elle a été arrêtée une première fois en 2002 pour avoir porté un pantalon puis en 2013 pour avoir refusé de se couvrir les cheveux. Plus récemment, en janvier, Mme Hamed a été arrêtée avant d’être libérée une semaine plus tard pour avoir dénoncé le pouvoir militaire après le putsch du général Abdel Fattah al-Burhane en octobre 2021. (Voir l’article sur ArabNews.fr)

Dans cette photo d’archive prise le 8 septembre 2013, on voit la Soudanaise Amira Osman Hamed s’entretenir avec un journaliste de l’AFP lors d’un entretien à Khartoum. © AFP

Syrie : L’ONU qualifie d’«abomination morale» l’idée de fermer la dernière ligne d’aide à la Syrie. L’autorisation exceptionnelle accordée par le Conseil de sécurité des Nations unies pour l’acheminement de l’aide humanitaire par le dernier point de passage frontalier dans le nord-ouest de la Syrie doit expirer le 10 juillet. Pour la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie, il s’agirait d’un «échec de premier ordre» si le Conseil ne prolongeait pas cette opération de sauvetage. (Voir l’article sur ArabNews.fr)

Tunisie : Alors que le président a publié un décret-loi annonçant la création d’une « Commission nationale consultative pour une nouvelle République », le dialogue social semble au point mort en Tunisie (Voir l’article de Hatem Nafti). La centrale syndicale UGTT a d’ores et déjà annoncé son refus de participer à cette commission.

Ce nouveau contrat social voulu par Kais Saied devrait remplacer la Constitution de 2014, qui – pour rappel – avait nécessité deux ans de concertation et traduisait les rapports de force entre la rue et la classe politique.

Pendant ce temps sur les ondes …

Le célèbre DJ, compositeur et producteur français d’origine algérienne, DJ Snake vient de sortir un nouveau morceau, une dédicace à l’Algérie et au Maghreb (Voir l’article de Middle East Eye). Il s’agit d’une véritable réussite puisque le clip a enregistré pas moins de deux millions de vues en moins de 24 heures :

La star mondiale de la musique électro a déclaré sur ses réseaux sociaux :

« J’ai imaginé Disco Maghreb comme un pont entre les différentes générations et origines, reliant l’Afrique du Nord, le monde arabe et au-delà… C’est une lettre d’amour aux miens ».

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