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Projection : « Je danserai si je veux » – Compte-rendu d’une soirée riche en débat et en réflexions à propos de trois héroïnes arabes israéliennes

Le 22 mars dernier, le Centre culturel arabe en Pays de Liège organisait la projection du film « Je danserai si je veux ». Le film de Maysaloun Hamoud, une jeune cinéaste palestinienne basée à Jaffa, met en scène trois jeunes femmes palestiniennes : Nour est une musulmane pratiquante originaire de la ville d’Oum El-Fahem, un bastion en Israël du Mouvement islamique, proche des Frères musulmans. Elle vient s’installer à Tel-Aviv en vue d’une co-location avec Salma et Leila, deux jeunes femmes libérées qui mènent leur existence telle qu’elles l’entendent, dans cette grande ville israélienne.

Leila, l’avocate aux moeurs libres, Salma, la DJ et bar-tender lesbienne qui n’ose pas faire son coming-out et Nour la religieuse littéralement étouffée par cette promesse de mariage forcé, vont faire face à leurs différents désirs et aspirations dans la bouillonnante Tel-Aviv.

Daniel Bonvoisin de Media Animation asbl, qui animait le débat d’après projection, dans le cadre du Festival à Films Ouverts, pour l’interculturalité et contre le racisme, a rappelé que  « Bar Bahar », est le titre du film en arabe, à savoir une expression qui se traduit littéralement par  » Entre terre et mer » en arabe. En hébreux, le titre a été traduit par « Ni ici, ni ailleurs », traduit en anglais par « In between ». Une nuance totalement perdue dans le titre en français, comme l’a fait remarquer une personne de l’audience lors de la projection.

L’audience présente lors de la projection au sein du Centre Culturel Arabe en Pays de Liège a bien perçu « ce conflit de loyauté que vivent ces femmes par rapport à leur famille. On les sent tiraillées entre les valeurs traditionnelles de leurs familles respectives et la vie libre, moderne et émancipée qu’elles désirent mener ». Cette vie émancipée ne peut voir le jour que la nuit, à l’abri des regards, afin d’échapper à la censure familiale.

Au-delà du conflit israélo-palestinien : Le « conflit » de trois jeunes filles 

La réalisatrice a voulu faire de son film un miroir de la société arabe israélienne. Entre l’alcool, la drogue et l’homosexualité de Salma totalement rejetée par sa famille chrétienne, l’esprit totalement indépendant de Leïla qui finit par quitter son compagnon lorsqu’elle réalise qu’il est bien plus conservateur qu’il ne le laisse entendre et surtout Nour, cette musulmane pratiquante et voilée, dans un premier temps choquée par le mode de vie de ses co-locataires, rompt avec son petit ami conservateur qui l’a violée, le scénario du film est un vrai cocktail de tensions et de tiraillements existentiels.

Certains parmi l’audience présente lors de la projection du film, se sont étonnés de constater que la réalisatrice n’a pas fait pas la moindre allusion au conflit israélo-palestinien. Là où d’autres trouvaient qu’il s’agissait d’un choix délibéré de mettre le focus sur cette société de jeunes arabes israéliens, descendants d’Arabes restés sur leurs terres après la création d’Israël en 1948. Des jeunes qui ne se sentent ni Palestiniens, ni Israéliens.

La réalisatrice n’avait pas pour ambition de faire un film traitant du conflit israélo-palestinien, mais bien une fiction qui aborde le conflit de ces trois jeunes filles au sein de Tel-Aviv, une ville présentée par les Israéliens comme le porte-drapeau de la libéralité et de l’ouverture d’esprit.

 

 

 

Lien Permanent pour cet article : http://www.ccapl.be/inbetween/

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